Le maire est sorti des ses gonds hier soir au Conseil de Ville, parce que j'ai pénétré dans la tribune des journalistes pour parler à une journaliste de la Gazette. Il m'a accusé de "cuisiner" cette journaliste, une journaliste d'expérience, qui sort des dossiers complets, et fait peur à Tremblay par son acharnement professionnel. Remarquez aussi dans cet extrait la femme aux cheveux frisés noirs qui s'indigne derrière le maire, c'est Clémentina Téti-Tomassi, la femme de Tony Tomassi l'ex-ministre et député de Lafontaine actuellement sous le coup d'accusations criminelles, dont on apprenait qu'il avait l'intention de se représenter aux élections, possiblement sous la bannière Libérale...
Quelle mouche a piqué le maire? Une intervention du conseiller Alex Norris, ex-journaliste d'enquête de La Gazette, élu de Projet Montréal, qui questionnait un bail de 5 ans, dans un bâtiment que la SDM a financé à prix d'or, avant de le revendre à en deçà de sa valeur, le 780 Brewster, appartenant à une entreprise (9169-6260 Québec Inc) dont le premier actionnaire est Vincent Chiara. Voici l'intervention en question.
Le bâtiment qui abrite le nouveau service consolidé des Ressources Humaines de la Ville de Montréal appartient à l'entreprise à numéro 9229-5138 Québec Inc. qui appartient également à Vincent Chiara. Le Conseil a signé un bail de 9 ans et 6 mois en septembre 2011 pour le 2e étage du 3711 Saint-Antoine, bâtiment administratif de l'Impérial Tobacco, au coût de 15 millions $. Pour l'embauche de nouveaux employés, les services avaient prévu 35 postes informatiques dans ces bureaux, une augmentation par rapport aux 22 postes actuellement utilisés et situés, jusqu'en avril, au Cours Mont-Royal. Or soudain, la demande est passée à 100 postes informatiques, tout d'un coup on a de la misère à répondre à la demande, il y aurait plus de 500 applications pour un simple poste d'agent de bureau! On veut aller vite, pas d'appel d'offres, génial on a trouvé dans un bâtiment situé à 7 minutes de marche, et oh surprise, appartenant au même propriétaire.
Certains médias ont déjà rapporté la proximité qu'il y avait entre Vincent Chiara et l'administration Tremblay. Il a organisé en 2005 un cocktail de financement pour l'UCIM (l'ancien nom du parti du maire) au cour duquel il a recueilli 54 000 $ dans sa résidence à Laval. Pasquale Carbone a plaidé coupable aux accusations du DGEQ de financement illégal lors de ce cocktail, Développements Carbocan avait versé à Union Montréal deux contributions totalisant 2000 $, et a dû payer une amende de 3000 $.
La Ville entretient plusieurs liens d'affaires avec Vincent Chiara et son entreprise MACH, en commençant par le 780 Brewster où se trouve la mairie d'arrondissement du Sud-Ouest, un loyer de 1,1 millions par année. La mairie de l'arrondissement Villeray Saint-Michel Parc-Extension se trouve aussi dans un édifice de MACH, au 405 Ogilvy, un bail de 10 millions $ accordé sans appel d'offres. L'édifice situé au 13 301 Sherbrooke Est abrite des services de la direction de l'eau et un centre de service de l'arrondissement Rivière-des-Prairies-Point-aux-Trembles. La Ville de Montréal a légué en 2006 pour 1$ les terrains des anciens ateliers du CN à Pointe-Saint-Charles à ce dernier, 5 ans plus tard, il en revendait une partie à l'AMT pour 10 millions $.
On a pas fini d'entendre parler de MACH, qui possède aussi plusieurs terrains autour des futures gares du train de l'Est de Montréal-Nord et Saint-Léonard selon ce qu'affirmait La Presse en 2011.
Pourquoi le maire s'indigne ainsi qu'on évoque les liens entre son administration et Vincent Chiara? Je ne sais pas, mais ce que j'ai perçu comme de l'intimidation à une journaliste et un employé de l'Opposition cache probablement quelque chose de plus profond. Un malaise. Le maire en serait-il à s'inspirer des façons de faire des Conservateurs à Ottawa? Ou est-ce sa nouvelle stratégie pour se sortir des situations gênantes: quand il est attaqué, de passer à l'offensive.



